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Originaire de Stuttgart, Rolf Mayer s’est intéressé à la photographie d’art dès 1975. Sa première collection comprenait des chefs-d’œuvre du XIXe siècle et de l’époque classique moderne. En 1987, sa collection fut présentée à la Staatsgalerie de Stuttgart avant d’être cédée au même musée l’année suivante. Sa seconde collection porta bientôt sur les découvertes de la photographie moderne du XIXe siècle, de période dite archaïque (1840-1880). Parmi les pionniers de la photo qui en font partie, citons entre autres Atget, Cameron, Charnay, De Clercq, Du Camp, Fenton, Fox Talbot, le Gray, Muybridge, Nadar…

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  • Collection Mayer (Cologne)

COLLECTION MAYER / L'AVENIR DU PASSÉ

PHOTOGRAPHIE MODERNE AU XIXème SIÈCLE

« Nous vivions une époque de curiosité impatiente, qui s’emparait de tout, des hommes et des choses. » Dans son autobiographie « Quand j’étais photographe », le célébre photographe français Nadar, pseudonyme de Félix Tournachon (1820-1910), décrit en ces termes le siècle qui aura vu la photographie pénétrer et transformer tous les registres de l’art et de la vie. Dans les années 1830, Nicéphore Niépce (1765-1833) et Louis-Jacques Mandé-Daguerre (1787-1851) restent en France les grands chercheurs et inventeurs qui finissent par mettre au point un procédé permettant de reproduire de manière mécanique la réalité, tandis qu’un Anglais, William Henry Fox Talbot (1800-1877) reste le pionnier de la photographie Outre-Manche. Alors que l’état français fera l’acquisition du brevet de Daguerre en lui versant une rente mensuelle, Fox Talbot dépose son propre brevet en Angleterre sous l’appellation « calotypie », du grec kalos » signifiant le « beau ».

Le procédé technique développé par Fox Talbot permet d’obtenir des images sur papier spécialement préparé. Parmi les œuvres les plus précieuses de la collection Mayer, il faut compter « La Porte ouverte » figurant comme sixième planche dans l’ouvrage phare de l’époque, The Pencil of Nature publié entre 1844 et 1846. Fox Talbot y décrit minutieusement ses premières expériences en 1833 à l’aide de la camera lucida sur les rives du lac de Côme ; après ces essais malheureux, il s’aventure à utiliser la chambre obscure avec succès. Il s’agit d’une simple boîte en bois équipée d’une lentille, qui permet de projeter des objets sur du papier transparent ; le photographe développe par la suite du papier enduit de sel dont la sensibilité à la lumière permet de mieux fixer les images projetées. Presqu’à la même époque, Daguerre élabore un système, qui fournit des images sur plaques de métal sensibilisées ; les œuvres ainsi obtenues frappent par leurs plus grands contrastes et une plus grande précision que les résultats de Fox Talbot, dont le procédé sur tirage papier annonce pourtant la technique qui conduira au futur développement de la photographie.

 

Source bibliographique : Catalogue d’exposition « L’Avenir du Passé » (Photographie moderne du XIXe siècle) - « L’œil artificiel » ou le nouveau regard sur le monde, par Markus Müller, © Graphikmuseum Pablo Picasso Münster, 2009 / Courtesy Collection Mayer.